Tous les actualités

3. juin 2022

Nous avons besoin d’une nouvelle Pentecôte – la société syrienne en crise

Douze années de guerre ont ébranlé les fondements de la société syrienne. Il en ressort trois victimes principales de ce conflit innommable : les familles, les jeunes et l’Eglise.

L’archevêque maronite de Damas,
Samir Nassar, appelle dans une interview
au magazine « La Croix » une nouvelle Pentecôte

Des familles détruites : la cellule germinale qu’est la famille, qui a toujours sauvé notre pays, a perdu sa fonction de cohésion. Les familles sont dispersées. De plus en plus de personnes âgées ne sont plus protégées par leur famille.  Les familles, qui rament à contre-courant depuis douze ans et qui sont affaiblies par la crise fondamentale, peuvent-elles encore remplir leur mission initiale ?

Une jeunesse affaiblie : autrefois force motrice de notre société, ces jeunes sont aujourd’hui au chômage, en fuite à l’étranger ou au service militaire. La fuite de nombreux jeunes laisse des vides qu’il est impossible de combler. L’absence des jeunes rend la reconstruction économique plus difficile. Un manque aigu de main-d’œuvre a encore affaibli l’économie locale qui s’est effondrée. Comment assurer la survie d’un pays privé de ses forces vives ? Comment faire face à une situation aussi paralysante que celle qui prévaut aujourd’hui en Syrie ?

Une Église remise en question : les baptêmes et les mariages se font de plus en plus rares. La baisse vertigineuse de la demande de sacrements se fait sentir depuis cinq ans. L’absence des jeunes a un impact négatif sur la vie de la paroisse. Le net recul de la fréquentation de la messe dominicale, des offres catéchétiques, de la première communion et d’autres activités pastorales entraîne également le départ et le découragement des prêtres qui n’assurent plus qu’un service minimum.

Ces changements fondamentaux invitent à remettre en question la pastorale traditionnelle. Mi-mars 2022, un symposium sur la doctrine sociale de l’Église, organisé par la nonciature apostolique et la Congrégation pour les Églises orientales, s’est tenu à Damas pour surmonter la peur et susciter l’espoir. Une Église apostolique aussi ancienne, qui s’est installée dans la tradition, est appelée à faire le pas vers une nouvelle forme de témoignage chrétien. Nous faisons confiance à l’Esprit, qui seul peut allumer une nouvelle Pentecôte. Viens Esprit de lumière.

+ Samir NASSAR

 Archevêque Maronite de Damas

Continuez à lire
24. mai 2022

La crise permanente au Liban menace les écoles privées catholiques

La crise permanente au Liban menace les écoles privées catholiques
La crise économique persistante, la pandémie, l’explosion dans le port de Beyrouth et maintenant une crise alimentaire secouent le Liban. De nombreuses personnes souffrent de ces événements. Cette situation dramatique touche également nos partenaires qui gèrent des écoles. Soeur Maguy Adabashy, à Beit Habbak, et le Père Maroun Ghafari, à Alma-Chaab, sollicitent notre aide.

L’école à Beit Habbak

Le College of the Girl of Lebanon est une école catholique située à Beit Habbak, dans une zone rurale. L’école est financée par des frais de scolarité payés pour moitié par les parents et pour moitié par l’État, qui ne remplit toutefois plus ses obligations depuis cinq ans. Ce n’est que grâce aux dons, aux parrainages et au soutien de tiers que l’école peut être maintenue.

L’école primaire d’Alma-Chaab

L’école primaire catholique privée d’Alma-Chaab est gérée par la congrégation des Sœurs maronites de la Sainte Famille. Cette école privée n’est pas soutenue par le ministère libanais de l’éducation. Le fonctionnement de l’école est financé uniquement par les cotisations des parents ainsi que par des dons. L’enseignement public et privé est menacé depuis octobre 2019. Les parents doivent vendre des terrains, des maisons ou d’autres biens pour payer les frais de scolarité de leurs enfants. Les enseignants ne peuvent pas être payés parce que les frais de scolarité ne suffisent pas. La supérieure générale explique : « Notre école ne pourra pas survivre longtemps sans soutien supplémentaire ».

La vraie richesse au Liban, c’est l’éducation. Soutenez nos écoles privées catholiques à Beit Habbak et à Alma-Chaab, afin que nos portes puissent rester ouvertes après les vacances d’été.

Soeur Maguy Adabashy, Beit Habbak/ Père Maroun Ghafari, Alma-Chaab

Mention de don : écoles au Liban

 

Continuez à lire
15. février 2022

Entretien avec Sr Hoda Tannoury

Cette année, nous présentons plus en détail les personnes avec lesquelles nous travaillons dans les pays du Proche-Orient. Aujourd’hui, entretien avec Sœur Hoda Tannoury, qui fait partie de la « Congrégation de Notre Dame du Bon Service » et qui, en tant que « Secrétaire Générale », s’occupe également des relations avec l’Association suisse de Terre Sainte. Nous reproduisons l’interview complète de Sr Hoda.

Sr Hoda, d’où venez-vous ?

Je suis libanaise, originaire du petit village de Qaa el Rim dans les montagnes de Sanine, à 15 minutes de Zahlé. Je suis la cadette de huit enfants. Ma famille est profondément croyante et j’ai une sœur biologique, Sœur Mélanie, qui est dans la même congrégation que moi. Pourquoi avez-vous choisi la vie religieuse ?Depuis ma plus tendre enfance, j’ai été très touchée par la Parole de Dieu.  Elle correspondait à mon désir profond et exprimait ma vision et mes valeurs.  Lorsque j’avais douze ans, ma sœur Mélanie est entrée dans un ordre religieux. Plus tard, je me suis orientée vers son choix et suis entrée dans la même communauté.

Pourquoi êtes-vous entrée chez les sœurs de Notre-Dame du Bon Service ?

J’aimais beaucoup ma sœur Mélanie et je lui rendais visite de temps en temps. Lors de ces visites, j’ai observé les sœurs. Elles vivaient dans la simplicité dans une région pauvre et se consacraient aux gens sans rien attendre en retour. Leurs relations au sein de la communauté étaient joyeuses et simples.

Quel a été votre parcours au sein de la communauté ?

Pendant mon noviciat, ma première mission m’a amenée à aider une consœur à la garderie de Jdeideh, un village près de Jabouleh, où je suis restée cinq ans. Ensuite, j’ai été envoyée pour aider les Pères Paulistes à Harissa.  J’ai profité de cette mission pour obtenir un master en théologie. Depuis mon noviciat, je rêvais d’approfondir mes connaissances sur les racines de la congrégation en étudiant les manuscrits de notre fondateur, Mgr Joseph Maalouf. Ce master m’en a donné l’occasion et j’ai écrit ma thèse de doctorat sur l’histoire et le charisme de la congrégation de N-D du Bon Service. Ensuite, j’ai travaillé pendant quatre ans dans nos deux écoles à Jabouleh et Jdeideh. Ensuite, ma supérieure m’a envoyé en mission au séminaire Sainte-Anne de Raboueh et m’a demandé de la combiner avec des études pour un master en administration scolaire. En 2016, Son Excellence Mgr Gabriele Caccia, nonce apostolique au Liban, a demandé ma collaboration en tant que secrétaire à la nonciature. Cette mission a duré trois ans et j’y ai beaucoup appris. L’évêque Caccia est une personne généreuse et compatissante. Depuis septembre 2019, j’assiste notre supérieure générale, Mère Jocelyne, dans la direction de l’école épiscopale de Jabbouleh. En février 2020, le Liban, comme le monde entier, a été frappé par la pandémie de coronavirus. Nous avons été contraints de fermer l’école. Cette catastrophe m’a donné l’occasion de m’engager en tant que secrétaire générale de notre congrégation.

Quelles sont vos tâches aujourd’hui en tant que secrétaire générale ?

Pendant mon travail à la nonciature de 2017 à 2019, ma tâche de secrétaire générale s’est limitée à la participation aux réunions du Conseil général et à la rédaction des procès-verbaux des réunions. J’étais novice dans ce domaine et ma contribution était très modeste. Avec la crise du Covid en février 2020, j’ai eu du temps et, avec l’aide de Sr Ranine, nous avons organisé les archives, indexé tous les documents de la congrégation depuis les débuts jusqu’à aujourd’hui et imprimé des dossiers pour le classement.  Nos archives ont maintenant fière allure ! Comme vous le voyez, il y a du bon dans tout et nous pouvons tirer du bon de tout ce qui nous arrive. Actuellement, en tant que secrétaire générale, je suis responsable de :  de tous les documents officiels de la Congrégation ; du classement et de l’archivage des documents de Mère Jocelyne Joumaah ; du dossier de chaque religieuse, mission et communauté de la Congrégation ; des procès-verbaux des réunions du Conseil général et, enfin, de la rédaction du courrier de la Supérieure générale, des instructions régulières et des circulaires de la Supérieure générale aux membres de la Congrégation ainsi que de nos relations extérieures.

Pourriez-vous dire quelques mots sur la collaboration avec l’Association suisse de Terre Sainte ? Comment décririez-vous cette relation et notre collaboration ?

Je vous remercie de me donner l’occasion d’exprimer mon point de vue sur l’Association suisse de Terre Sainte. Tout d’abord, je voudrais exprimer ma gratitude à tous les membres de l’Association suisse de Terre Sainte pour leur fidélité, leur soutien à notre mission et la transparence de nos relations. J’aimerais aussi partager avec vous la joie que nous vivons. Elle est le fruit de cette collaboration et un signe de la présence de Dieu. C’est l’esprit divin qui pousse Mme Elisabeth Janssen à contacter Mère Jocelyne au bon moment et à lui demander ce dont elle a besoin. C’est presque comme si vous sentiez nos besoins à distance. Votre collaboration est une participation vivante à la mission de notre congrégation. En bref, votre soutien nous stimule et nous pousse à poursuivre notre mission malgré l’adversité et dans des circonstances très difficiles.

Pouvez-vous décrire la situation actuelle au Liban, en particulier pour vous, les sœurs, et pour toutes les personnes avec lesquelles et pour lesquelles vous vivez ?

Il y a tout d’abord ce que nous vivons actuellement de manière très concrète, à savoir la forte tempête hivernale qui frappe le Liban. Pour beaucoup de nos concitoyens, elle met leur vie en danger, car la plupart d’entre eux n’ont pas les moyens de se chauffer. Le prix du mazout est inabordable. Au moment où je vous écris, mes doigts s’engourdissent de froid dans mon bureau, car je n’allume pas le radiateur afin d’économiser autant que possible nos réserves. La crise sanitaire pèse lourdement sur le système éducatif. En l’espace de trois ans, le niveau de formation de nos élèves a fortement baissé. Ils utilisent des livres usés, ne viennent pas régulièrement à l’école et les parents ne sont pas en mesure de comprendre le problème et d’y répondre. Les médicaments sont devenus des produits de luxe que personne ne peut acheter tant ils sont chers. Mais le pire, c’est la mauvaise situation générale, cette crise économique sans précédent qui a touché tout le pays.  Nos institutions politiques sont à terre et incapables de se relever. Pour acheter un dollar, il faut dépenser 32 000 livres libanaises. Ainsi, 80 pour cent de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et pour beaucoup d’entre nous, un paquet de pain devient un cadeau coûteux. Chez nous, à Jabbouleh, les coupures de courant prolongées sont fréquentes. L’eau chaude est une denrée rare. Seule la salle de séjour est chauffée en permanence. Le reste du monastère est chauffé une heure à midi et une heure le soir. Nous adaptons notre travail et notre vie aux circonstances : selon qu’il y a une panne d’Internet ou d’électricité, ou que les prix Avez-vous des souhaits et des rêves pour l’avenir ? Je souhaite que les dirigeants de notre pays, se tournent vers Dieu et cherchent des solutions aux problèmes du pays à la lumière de son esprit. Que tous les Libanais et Libanaises s’accrochent aux valeurs humaines et agissent consciencieusement. Que notre mission éducative puisse se poursuivre dans des circonstances plus favorables. Je rêve de pouvoir vivre à la hauteur de notre charisme, de pouvoir rayonner la joie du Christ où que je sois. Que l’amour du prochain règne dans nos cœurs et que chacun goûte à la bonté de Dieu.

Qu’attendez-vous de nous, les frères et sœurs en Suisse ?

Vous êtes toujours à l’écoute du cri des autres. Nous y voyons un signe de votre ouverture et de votre volonté de faire face aux difficultés. Conservez cet esprit, qui est l’esprit de Dieu. Maintenez la flamme allumée et transmettez-la. Restons unis dans la prière et le service pour Dieu et son peuple.

L’entretien avec Sr Hoda Tannoury a été mené par Boris Schlüssel.

Continuez à lire
15. novembre 2021

Un feu d’enthousiasme et d’espoir

La visite du pape François en Irak au mois de mars dernier a suscité un véritable enthousiasme et un réel espoir auprès de la communauté chrétienne, mais aussi au sein de la population musulmane. L’espoir d’une possible coexistence pacifique entre chrétiens et musulmans en Irak.

À l’occasion de son voyage en Irak, le pape François s’est entretenu avec le patriarche chaldéen Louis Raphaël Sako et a pu apprécier le contact ainsi que l’hospitalité de la population irakienne. À Nadjaf, au sud du pays, le pape a rendu visite au grand ayatollah chiite Ali al-Sistani, aujourd’hui très âgé. Il l’a remercié d’avoir fait entendre sa voix pour défendre les plus faibles face à la violence et aux conflits qui perdurent. À l’occasion de cette entrevue, le leader spirituel a souligné que tous les chrétiens et chrétiennes étaient les bienvenus en Irak, et qu’ils devaient jouir des mêmes droits que le reste de la population du pays.

+ Rencontre historique du Pape François et
du grand ayatollah chiite Ali al-Sistani
en mars 2021: la paix entre les religions
est possible.

La Lutte conjointe contre la pandémie de Covid-19 

Mais la pandémie de Covid-19 qui ne cesse de gagner du terrain fait peser une lourde menace sur cet espoir naissant. Ces dernières semaines, la plupart des provinces irakiennes ont enregistré une flambée des infections qui fait craindre une propagation incontrôlée du virus. Lusia Shammas et Naseem Asmaroo, de l’association humanitaire suisse Basmat al-Qarib, souhaitent venir en aide aux personnes qui subissent de plein fouet les conséquences désastreuses de la pandémie. Ils ont pu pour cela nouer différents partenariats afin de mener à bien leur project. À Bagdad, dans la Plaine de Ninive et dans la région de Mossoul démarre  une campagne de sensibilisation coordonnée par les partenaires du projet, à savoir Al-Amal (association apolitique et non confessionnelle de bénévoles), l’agence de sécurité sanitaire IAA et le père Meyassar B. Moussa, curé d’une paroisse chaldéenne à Bagdad. La population est invitée à respecter les mesures indispensables de protection (règles d’hygiène, gestes barrière et port du masque) et à ne baisser la garde en aucun cas. Elle est informée des décisions prises par le ministère de la Santé irakienne, et chacun a la possibilité de se faire vacciner.

+ Nos partenaires en Iraq.

Limiter les conséquences économiques 

L’Irak a traversé de nombreuses guerres. Le pays souffre de problèmes d’insécurité, mais aussi du manque de services sanitaires et sociaux, et surtout d’une corruption généralisée et d’une situation économique catastrophique. En outre, la pandémie a dévasté l’existence de nombreuses familles. Le père Meyassar écrit: «Nous, l’Église, devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour assurer la survie des familles, chrétiennes ou musulmanes, face à cette situation éprouvante. Les différentes guerres et blocus économiques nous ont appris qu’il est possible et utile d’aider chaque individu, quelle que soit son appartenance ethnique ou sa religion, et que nous pouvons surmonter ensemble beaucoup de difficultés et d’obstacles.» Pour que la pauvreté et l’urgence ne gagnent encore du terrain au sein de la population, les jeunes générations engagées distribuent de la nourriture et des produits de première nécessité. « J’apprécie sincèrement ce que vous faites pour les personnes de notre terre meurtrie.»

Note de don: Focus 2021

Continuez à lire
17. août 2021

Nous sommes confrontés à une famine

Depuis de nombreuses années, le Père Maroun Ghafari est engagé dans le village d’Alma-Chaab, dans le sud du Liban, en tant que prêtre et directeur d’école pour la population locale. Il prend en charge les frais de scolarité des enfants et des jeunes ainsi que les aides au loyer, l’aide alimentaire, les médicaments et les traitements médicaux pour les pauvres et les personnes âgées. Face à la pénurie constante de nourriture dans le pays, le Père Maroun lance aujourd’hui un projet agricole sur des terres appartenant à la paroisse et encourage les gens à s’aider eux-mêmes.

Le Père Maroun collecte des fonds pour ce tracteur d’occasion avec remorque, qu’il souhaite mettre gratuitement à la disposition des habitants de son village.

« Comme dans toutes les régions du Liban, la situation ici dans le sud est très sombre. Nous sommes confrontés à la famine », écrit le Père Maroun dans un message électronique adressé à l’Association suisse de Terre Sainte. « Si le Liban ne reçoit pas d’aide, le pays s’effondrera. Depuis la catastrophe de l’explosion dans le port de Beyrouth en août 2020, la crise économique, sanitaire et sociale ne cesse de s’aggraver. » Parce que la nourriture en particulier devient de plus en plus chère et rare dans cette situation, le Père Maroun a fondé un groupe de projet pour inviter les villageois à cultiver des céréales, des fruits et des légumes sur les terres de la paroisse. D’autre part, ce groupe veille à la distribution de semences de céréales et encourage les gens à cultiver à nouveau leurs propres terres, comme le faisait encore la génération de leurs parents.

 

Le groupe de projet souhaite également fournir aux villageois des outils de travail adaptés, tels qu’un tracteur d’occasion, une charrette, une charrue simple ou un groupe électrogène, et recherche des dons pour cela. « Nous ne pensons pas aux profits pour le moment, dit le Père Maroun, mais seulement à la survie. Nous sommes fatigués, mais nous n’avons pas perdu notre foi ni notre espérance. »

 

Note de donation : Agriculture à Alma-Chaab

Continuez à lire
20. mai 2021

Une nouvelle escalade de la violence entre les Palestiniens et Israël

Une nouvelle escalade de la violence entre les Palestiniens et Israël a été déclenchée à la suite d’affrontements à Jérusalem entre la police et les Palestiniens, d’abord sur l’Esplanade des Mosquées, puis dans le quartier de Sheikh Jarrah.

S.B. Mgr PIERBATTISTA PIZZABALLA, ofm Patriarche de Jérusalem des Latins « Ce que nous vivons en ce moment est terrible, mais c’est la conséquence d’une longue période de politique de mépris. Il n’y a pas de droits égaux pour tous, il y a des citoyens A et B, et nous le voyons clairement dans la vie de tous les jours : droits, emploi et implantations, des choses que nous savons déjà et que nous sommes fatigués de répéter. Mais malheureusement, c’est la vie de tous les jours. » Les affrontements se sont ensuite étendus à la bande de Gaza. Tout cela a conduit au déclenchement d’une guerre dont les victimes innocentes sont des enfants. P. GABRIELLE ROMANELLI Curé de la paroisse latine de Gaza Les enfants n’ont aucune affiliation, ni parti, ni rien d’autre.

P. YOUSSEF ASAAD Vicaire paroisse latine de Gaza « A quoi bon quand un père dans la fleur de l’âge enterre ses enfants ? Qui va sécher ses larmes ? Qui a le cœur brisé à Gaza ? Qui dédommagera un fils dont le père est mort ? Qui dédommagera une épouse devenue veuve à un jeune âge ? Qui indemnisera la personne qui a perdu un membre ou qui a été blessée et handicapée ? » Sœur NABILA SALEH Directrice École des Sœurs du Rosaire de Gaza « De mon point de vue, c’est une perte pour les deux parties. Nos enfants ont traversé quatre guerres jusqu’à présent. Imaginez la psyché de cet enfant qui a passé sa vie dans la guerre, quel sera son avenir après cela ! Il ressentira de la haine toute sa vie. » La dévastation de Gaza est visible partout, résultat de bombardements intensifs. L’école des Sœurs du Rosaire a également subi des dommages.

Sœur NABILA SALEH Directrice École des Sœurs du Rosaire de Gaza « Regardez ça, tout le bâtiment a été endommagé. Je ne suis pas venu ici depuis le début des bombardements… oh mon Dieu, oh mon Dieu ! L’école maternelle a subi des dégâts : des vitres cassées, des fissures dans les murs, mais ce qui m’inquiète, ce sont les fondations du bâtiment, qui ont peut-être été endommagées par les bombardements. »

S.B. Mgr PIERBATTISTA PIZZABALLA, ofm Patriarche de Jérusalem des Latins « Malgré tout cela, nous, les croyants, surtout les croyants chrétiens, qui avons célébré Pâques, la résurrection de Notre Seigneur et qui avons reçu l’Esprit Saint, devons croire que rien n’est impossible à Dieu. Nous sommes ici pour construire une société où l’amour, le respect et la compréhension mutuelle sont la base : c’est la première vocation de nous, chrétiens de Terre Sainte. »

Une nouvelle escalade de la violence qui, comme les autres, est alimentée par l’absence de solution à la question palestinienne. S.B. Mgr PIERBATTISTA PIZZABALLA, ofm Patriarche de Jérusalem des Latins « Nous, les responsables religieux, non seulement les chrétiens mais aussi les musulmans et les juifs, devrions enseigner à respecter les autres, même s’ils sont différents de nous. Les dirigeants politiques devraient cesser de parler contre les autres et construire une société où chacun a les mêmes droits et les mêmes devoirs. »

Christian Media Center

Continuez à lire
8. mai 2021

Aide d’urgence pour les enfants au Liban

La communauté religieuse des Carmélites gère plusieurs écoles dans le nord du Liban dont la survie est menacée par les crises politique, économique et sanitaire. Le provincial des Carmélites, le père Raymond Abdo, demande de l’aide.

Élèves de l’école des Carmélites de Kobayat

« Depuis 2019, le Liban vit en mode crise, qui ne cesse de s’aggraver. Il y a un an, les banques ont bloqué tous les comptes et ne versent que de petites sommes et uniquement en monnaie libanaise . Cela vaut également pour les comptes de notre communauté religieuse. De 2018 à 2021, le pouvoir d’achat du Liban a diminué de
90 %.

Les familles de nos étudiants sont massivement touchées par la crise économique qui dure depuis des années, et qui est encore aggravée par la pandémie. De moins en moins de familles sont en mesure de payer les frais de scolarité de leurs enfants. Nous ne pouvons espérer aucun soutien de la part du gouvernement libanais.

Le père Raymond (au centre) demande de l’aide

Nous avons reçu du gouvernement français un montant unique de 30 000 euros pour notre école primaire à Tripoli, et un autre montant de 77 millions de livres libanaises (10 000 dollars) pour la même école. C’est une aide généreuse, mais elle ne résout pas nos problèmes existentiels. C’est pourquoi nous dépendons de nouveaux dons pour poursuivre notre mission éducative. »

Père Raymond Abdo, Provincial des Carmélites au Liban

Note de don: École des Carmélites de Kobayat

 

Continuez à lire
11. mars 2021

Vatican : la quête de Terre Sainte est élémentaire

Le préfet de la Congrégation pour l’Église orientale du Vatican, le cardinal Leonardo Sandri, a écrit une lettre pour promouvoir de toute urgence la collecte de Terre Sainte. Sans aide, la petite communauté chrétienne du Moyen-Orient risque de s’amenuiser encore plus, a déclaré M. Sandri.

En Suisse également, toutes les paroisses catholiques reprendront la collecte pour les chrétiens du Proche-Orient lors des offices de la Semaine Sainte.

« Que la collecte Pro Terra Sancta 2021 soit l’occasion pour tous de ne pas détourner le regard, de ne pas simplement passer à autre chose, de ne pas ignorer les urgences et les difficultés de nos frères et sœurs qui vivent dans les Lieux Saints », indique la lettre, publiée par le Vatican ce jeudi. Si ce « petit geste de solidarité et de partage » venait à diminuer, de nombreux chrétiens du Moyen-Orient pourraient quitter leur foyer. Une diminution de l’aide aurait également un impact négatif sur le travail éducatif des écoles chrétiennes et sur l’engagement social de l’Église envers les pauvres et les personnes souffrantes. Enfin et surtout, il faut prendre soin des Lieux Saints, a déclaré le Cardinal de la Curie.

Pertes dans la collecte 2020
La collecte des offrandes pour l’Église mondiale, traditionnellement connue sous le nom de collecte du Vendredi saint, avait été reportée à l’automne 2020 en raison de la pandémie. Le cardinal Sandri a signalé qu’il y avait néanmoins des difficultés dans de nombreux pays pour effectuer la collecte et que les recettes ont diminué. Pourtant, une aide plus importante aurait été nécessaire en raison de la pandémie :
« Dans de nombreux pays, la persistance des guerres et des sanctions a exacerbé les effets de la pandémie ».

« En 2020, les chrétiens de ces pays ont souffert d’un isolement qui les a fait se sentir encore plus séparés et coupés de tout contact vital avec leurs sœurs et frères du monde entier. Ils souffrent de la perte de travail due à l’absence des pèlerins et de la difficulté qui en découle de vivre dignement et de subvenir aux besoins de leurs familles et de leurs enfants. Dans de nombreux pays, la persistance des guerres et des sanctions a exacerbé les effets de la pandémie », poursuit le cardinal Sandri. Citant la lettre « Fratelli tutti », dans laquelle le pape François appelle à la solidarité et à la fraternité mondiales en 2020, notamment face à la pandémie de Corona, le cardinal de la Curie exhorte chacun à aimer son prochain et à lui apporter une aide concrète :

« Nous avons pris l’habitude de regarder de l’autre côté ».
« Disons-le, à bien des égards, nous avons fait des progrès, mais nous sommes analphabètes lorsqu’il s’agit d’accompagner, de soigner et de soutenir les plus fragiles et les plus faibles dans nos sociétés développées. Nous nous sommes habitués à détourner le regard, à passer outre, à ignorer les situations tant qu’elles ne nous touchent pas directement » (Fratelli tutti, 64). »

Contexte
La collecte, dont la devise latine est « Pro Terra Sancta » (Pour la Terre Sainte), a été initiée par le pape Paul VI (1963-1978). Elle se veut un signe de solidarité concrète pour les chrétiens vivant dans la région. En raison de la pandémie de Corona, la collecte traditionnelle pour la Terre Sainte a eu lieu à des dates différentes l’année dernière. Les dates cibles varient entre l’Église en Allemagne et l’Église universelle. Alors que les évêques allemands ont lancé un appel aux dons pour la pastorale et les projets sociaux au Moyen-Orient le dimanche des Rameaux et le Vendredi saint, au niveau de l’Église universelle, la collecte a eu lieu le 13 septembre. C’était le dimanche précédant la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix (14 septembre), qui est à son tour étroitement liée au Vendredi saint.

(vatican news – sst)

Continuez à lire
18. janvier 2021

En contact avec les familles de réfugiés malgré la fermeture

Le Liban continue de vivre une période extrêmement difficile après la catastrophe de l’explosion dans le port de Beyrouth le 4 août 2020 et la crise économique et gouvernementale actuelle.

Le chef de notre organisation humanitaire partenaire Beit-El-Nour (Maison de la lumière) à Beyrouth, le Dr Robert Caracache, rapporte à la mi-janvier 2021 : « Nous vivons une crise dans une crise ici au Liban et tout semble s’effondrer à tous les niveaux. Statistiquement, nous sommes les troisièmes au monde, après les États-Unis et le Royaume-Uni, en ce qui concerne les infections à Covid 19, proportionnellement au nombre d’habitants. Les taux d’infection par jour montent en flèche et les hôpitaux ont tous les lits occupés ».

Les centres de conseil et de prévention de Beit-El-Nour dans deux camps de réfugiés à Beyrouth ont dû fermer plusieurs fois pendant la crise de la Corona. C’est pourquoi les travailleurs sociaux ont développé des services en ligne. Cela leur permet de rester en contact avec les familles et de continuer à les conseiller chez eux. Les cours de méditation et de yoga en ligne pour les enfants, qui sont également proposés, contribuent à réduire les situations de stress et les tensions psychologiques dans les familles.

Note de don: Beit-El-Nour

Cours de méditation et de yoga pour enfants en ligne

Continuez à lire
26. novembre 2020

Nous n’avons pas perdu espoir

Annie Kaloust dirige le service social du Patriarcat catholique arménien à Beyrouth. Notre partenaire nous fait part de la situation d’urgence actuelle dans sa ville. Malgré l’immense souffrance, les habitants de Bourj Hammoud n’ont pas perdu l’espoir de pouvoir vivre comme avant.

Entrepôt détruit dans le port de Beyrouth, à proximité immédiate de Bourj Hammoud.

Le quartier de Bourj Hammoud est situé à proximité immédiate du quartier portuaire de Beyrouth et était déjà massivement touché par les effets de la pandémie de corona avant l’explosion du 4 août 2020. Malgré les mesures de quarantaine restrictives, le nombre d’infections dans ce district densément peuplé a fortement augmenté. Une chute massive des taux de change a aggravé les problèmes sociaux et économiques. Pendant cette période, la communauté catholique arménienne a commencé à distribuer des colis alimentaires à la population souffrante.

Bilan des dommages amer

Le 4 août, 17 personnes sont mortes dans notre district, 200 ont été blessées, dont certaines gravement. De nombreux magasins et maisons ont été détruits. Avec l’aide d’un ingénieur et d’un technicien, nous avons fait une première évaluation des dégâts dans notre paroisse : 45 maisons ont été détruites, dans tout le district il y en avait environ 300 au total.

Notre service social a distribué de l’argent aux résidents des urgences de Bourj Hammoud et a soutenu les personnes âgées et les malades chroniques ainsi que les enfants en payant les médicaments et en réglant leurs factures d’hôpital. Lors de nos visites à domicile, nous avons également rencontré un grand nombre d’enfants traumatisés dont nous accompagnons maintenant les familles. Malgré l’immense souffrance, les habitants de Bourj Hammoud n’ont pas perdu l’espoir que c’est ainsi que nous vivions.

Le besoin d’aide est grand

Nous avons un grand besoin d’aide d’urgence pour financer les coûts de santé épouvantables et pour le service de repas, qui fournit chaque jour un repas chaud à tous ceux qui en ont besoin.

 

Note de don: Aide d’urgence Bourj Hammoud

Continuez à lire

Partager cette page